1. Préambule
Association Loi 1901, la Fédération de l’Eure pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (FDAAPPMA 27) fédère les 27 associations agréées (AAPPMA) du département et représente près de 7 500 pêcheurs.
Agréée protection de l’environnement et association à caractère d’établissement d’utilité publique, elle a pour missions statutaires :
- La gestion piscicole sur les linéaires associatifs ;
- La réalisation d’actions de restauration et de préservation du milieu ;
- La réalisation d’études piscicoles et environnementales ;
- La mise en valeur et la surveillance du domaine piscicole départemental ;
- La mise en œuvre d’actions de promotion du loisir pêche.
2. Contexte & objectifs
Les rivières normandes constituent un enjeu majeur en ce qui concerne les espèces piscicoles migratrices. Déjà définies comme prioritaires réglementairement en 1997 (arrêté du 18 avril 1997 classant certaines rivières au titre de l’article L.432-6 du Code de l’Environnement), elles le sont encore actuellement à plusieurs titres, dont les nouveaux classements publiés le 4 décembre 2012 au titre du L.214-17 du Code de l’Environnement, ainsi qu’au classement en Zone d’Action Prioritaire 1 par le Plan de Gestion Anguille approuvé par la Commission européenne le 15 février 2010.
Malgré les obligations réglementaires en vigueur, la quasi-totalité des bassins-versants normands est encore inaccessible aux migrateurs. Toutefois, suite au travail et aux efforts conjoints de structures locales (Syndicat de cours d’eau, SENORMIGR, FDAAPPMA27…) et des services de l’état cette situation va très prochainement se débloquer notamment sur la Risle grâce aux travaux sur l’ouvrage de la Madeleine.
Les affluents de la Risle offrent une capacité d’accueil pour les migrateurs non négligeable, la FDAAPPMA27 et ses partenaires ont donc entrepris de restaurer à la fois la continuité écologique et les capacités d’accueil sur ces cours d’eau. La FDAAPPMA27 a réalisé depuis 2013 plusieurs opérations RCE sur la Véronne et la Croix Blanche, cours d’eau à l’époque orphelins de maîtrise d’œuvre. La Tourville, quant à elle, a fait l’objet d’opérations de restauration de la continuité écologique portées par la collectivité locale. Toutefois, le potentiel d’accueil de ce cours d’eau reste encore limité du fait d’une altération hydromorphologique importante et de la présence d’encore quelques obstacles à la continuité écologique. La FDAAPPMA27 s’est engagée avec les collectivités locales à proposer un Programme Pluriannuel de Restauration et d’Entretien (PPRE) sur la Tourville et ses affluents pour les préparer au mieux à la future reconquête du bassin par les migrateurs.
L’élaboration de ce PPRE sur la Tourville et ses affluents est l’objet de cette proposition de stage.
3. Participation à la réalisation du PPRE sur la Tourville et ses affluents
a. Phase 1 : diagnostic
Principe général
Après une première analyse du réseau hydrographique, l’étude portera sur environ 18 km de cours d’eau permanent et sur 10 km de cours d’eau non permanent.
Nous avons décidé de réaliser le diagnostic sur l’ensemble de ce réseau hydrographique pour mieux intégrer la thématique des zones humides qui peuvent également être nombreuses sur le linéaire de vallées sèches.
Pour mener à bien ce type d’étude, la première étape est de découper le cours d’eau en tronçons homogènes. Ce premier découpage sera effectué à partir des grandes caractéristiques de la vallée :
- Pente de la vallée ;
- Largeur de la vallée ;
- Ecoulement permanent ou temporaire ;
- Présence d’ouvrage majeur (moulin, pont, centre bourg…) ;
- …
Ensuite, chacun des tronçons ainsi découpé fait l’objet d’un diagnostic approfondi en étant intégralement parcouru à pied.
Une fois le diagnostic de chaque tronçon établi, celui-ci est analysé pour proposer une série d’actions pour résoudre les désordres identifiés.
Caractérisation et diagnostic du cours d’eau
Chaque tronçon préalablement identifié sera intégralement parcouru à pied et décrit.
Nous utiliserons pour la description du milieu un logiciel SIG associé à un GPS pour permettre une localisation précise des éléments relevés sur le terrain.
Le diagnostic du tronçon a pour objectifs de décrire et d’évaluer le milieu (caractéristiques hydromorphologiques, habitabilité…), de localiser et décrire tous les éléments particuliers ayant une incidence positive ou négative sur le cours d’eau (protection de berges, rejets, pompages, habitats remarquables,…).
Lors du diagnostic du cours d’eau, les éléments suivants seront relevés et décrits :
- Description du lit mineur ;
- Description des ouvrages ;
- Description des berges ;
- Points particuliers ;
- Identification et caractérisation de tout autre point remarquable en lien avec le cours d’eau.
Caractérisation et diagnostic des zones humides du lit majeur
Avant de réaliser un diagnostic de terrain, un premier travail de pré-localisation des zones humides dans le lit majeur sera réalisé. Pour cela, une analyse des données cartographiques existantes sera réalisée. Ensuite cette pré-localisation sera confrontée à un diagnostic de terrain.
Lors du parcours à pied, les zones humides attenantes seront localisées et décrites. Pour cela, nous utiliserons le logiciel GWERN développé par le forum des marais atlantiques.
Pré-localisation des zones humides sur le bassin versant
Comme pour les zones humides du lit majeur, un premier travail de pré-localisation des zones humides potentielles sur l’ensemble du bassin versant sera effectué. Il sera basé sur une analyse des données existantes et d’une analyse fine de la topographie du bassin versant.
Une carte de pré-localisation des zones humides potentielles sur le bassin versant sera établie.
b. Phase 2 : Définition du programme d’action
Sur la base du diagnostic, un programme d’action sera défini pour répondre à chacune des pressions s’exerçant sur le bassin et à toutes les altérations ponctuelles identifiées.
Ainsi seront proposées des actions :
- De restauration du lit et de sa capacité d’accueil ;
- De restauration de la continuité écologique ;
- De restauration des berges ;
- De restauration de la ripisylve ;
- D’entretien notamment de la ripisylve ;
- De restauration et de gestion des zones humides du lit majeur.
4. Condition de stage
Le stagiaire sera encadré par monsieur Bailleul Geoffrey responsable technique études et travaux.
Le stage s’effectuera essentiellement dans nos locaux à Pont-audemer, mais des déplacements sur le terrain dans tout le département seront nécessaires (permis B).
Tout le matériel nécessaire au bon déroulement du stage sera fourni par la fédération de pêche (véhicule de service, ordinateur, matériel de terrain …).
Gratification du stage calculée sur la base de la gratification minimale légale soit en moyenne sur les 6 mois de stage une gratification de 568 €/mois.
Des véhicules de service sont mis à disposition pour tous les déplacements.
Les frais de repas liés aux déplacements sur le terrain sont remboursés avec un plafonnement à 15 € par repas
5. Profil recherché
Étudiant de Master 2 ou niveau Ingénieur, formation en gestion des milieux aquatiques
Permis B
Compétences requises :
Connaissances du fonctionnement des milieux aquatiques et des cours d’eau en particulier
Connaissances minimum de la restauration de la continuité écologique
Maîtrise des outils informatiques et du SIG indispensable (MapInfo /Qgis)
Qualités personnelles :
Esprit critique, capacité d’analyse et de synthèse
Autonomie, capacité à prendre des initiatives, force de propositions
Qualités rédactionnelles, rigueur et capacités d’organisation
Goût du travail de terrain, sens du travail en équipe